vendredi 3 avril 2009 17:28
Une tactique à rebours du dernier cri
par Olivier Séguret
Longtemps, l’industrie du jeu vidéo s’est reposée sur le «modèle Gillette» : on vend bon marché et à perte un rasoir (la console) mais on se rattrape avec le prix très élevé des indispensables lames (les jeux). Avec sa Wii, Nintendo a provoqué une révolution copernicienne : non seulement la console se vend comme des petits pains (promettant ainsi des ventes de jeux en proportion) mais en plus elle rapporte de l’argent sur chaque exemplaire vendu depuis son lancement. C’est évidemment à son profil low-tech que la Wii doit cette paradoxale plus-value. Ignorant la haute définition, pauvre en mémoire de stockage, mettant habilement à profit des technologies méconnues du grand public mais déjà éprouvées et peu coûteuses (la reconnaissance de mouvement sur l’écran, l’accéléromètre de la manette Wiimote…), la console la mieux vendue au monde est aux antipodes du dernier cri. De surcroît, la très grande majorité des jeux vendus pour la Wii sont produits par la maison Nintendo elle-même (tels Wii Fit et Mario Galaxy, pour ne citer que ses deux plus grands succès). C’est aussi la faute des éditeurs tiers qui n’ont pas cru au potentiel de la machine dès son lancement, à l’exception notable du français Ubisoft (les Lapins crétins, Red Steel), ou de Sega (Madworld, le jeu le plus adulte du catalogue Wii). Les délais de développement d’un jeu étant très longs, ce n’est que dans les prochaines saisons que seront visibles les efforts actuellement entrepris par les plus grands studios du monde (Electronic Arts, Activison…) pour sauter dans le train de la Wii. A lire aussi :
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