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vendredi 25 septembre 2009 16:49

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Vegas  : rien ne va plus, les crimes sont faits

Le premier des cinq films de la série « Justice à Vegas » est diffusé ce soir sur Arte. Immersion à « Sin City ».

par Bruno Icher

tags : documentaire , justice

Photo Maha Productions

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Justice à Vegas de Rémy Burkel. Série documentaire, 1 et 2/10, Arte, 22 h 15. DVD chez Arte Vidéo, sortie le 7 octobre

Il ne faut pas nécessairement être accro aux séries judiciaires américaines ou fanatique des ambiances de prétoires pour se passionner pour Justice à Vegas. Le réalisateur Rémy Burkel et ses deux producteurs, Denis Poncet et Jean-Xavier de Lestrade (lire ci-contre), ont planté leur caméra pendant près de trois ans dans la ville du vice (« Sin City » s’amusent les Américains) pour s’immerger dans les méandres de cinq affaires criminelles.

A chaque affaire, un mode opératoire identique  : après l’aride présentation du fait divers, tous les protagonistes sont filmés dans l’exercice de leur fonction. Les avocats commis d’office expliquent leur stratégie à leur client, les services du district attorney (procureur) essayent de tordre chaque élément pour accabler le prévenu, les témoins sont interrogés par les enquêteurs des deux parties, les familles sanglotent en silence dans la salle d’audience… Et bien entendu, les prévenus dans leur combinaison orange de prisonnier sont hébétés et pas forcément conscients de ce qui leur arrive.

Le point de vue des cinq films, chacun diffusés en deux parties, ne change jamais au fil de la progression narrative. Pas un commentaire, pas une interview face à la caméra. On suit l’histoire à travers les conversations, les coups de téléphone dont on n’entend parfois qu’un des deux interlocuteurs et bien entendu les débats au cours du procès. Le procédé a un double mérite. D’une part, de maintenir une certaine distance, une lucidité par rapport aux protagonistes. D’autre part, comme en contrepoint, il permet de se construire peu à peu, une opinion sur l’affaire. Sur la culpabilité du prévenu, sur les circonstances atténuantes ou aggravantes et de ressentir le terrible vertige du juré au moment de se prononcer sur la vie de celle ou celui dans le box des accusés.

C’est d’autant plus troublant qu’au terrible jeu de l’immense machine infernale de la justice, chaque détail compte. Une question hasardeuse d’un avocat, un témoin qui bafouille, une méchante astuce du procureur qui fait opportunément pleurer la mère de la victime et c’est une autre vie qui peut basculer dans l’abîme. La perpétuité sans possibilité de sortir, voire la peine de mort – encore en vigueur dans le Nevada.

Ce soir, la série aborde le cas de Gladys, jeune femme paumée dont la fille de 2 ans a été tuée par son compagnon. Le corps de l’enfant a été retrouvé dans un carton posé sur une poubelle. Gladys a tout vu mais n’a rien fait. Par peur, inconscience ou passion dévorante pour le meurtrier. Le choix qui lui est imposé, à l’approche de son procès, consiste à charger cet homme qu’elle a dans la peau pour s’en sortir avec une peine la moins lourde possible ou alors risquer de finir sa vie dans les couloirs d’un pénitencier. Et dans les dernières minutes du film, son choix devient aussi, curieusement, un peu le nôtre.

Paru dans Libération du 25 septembre 2009


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