jeudi 15 janvier 2009 11:22
Vent de folie contestataire au Sénat
Loi sur l’audiovisuel. Absentéisme, amendements votés contre l’avis du gouvernement…
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : politique , France Télévisions , loi sur l’audiovisuel
Et le père Ubu s’invita au Sénat. Drôle de situation que celle de la Chambre haute priée d’examiner hier l’article 18 de la loi sur l’audiovisuel, qui prévoit la suppression de la publicité après 20 heures sur France Télévisions. Laquelle suppression est déjà en place depuis le 5 janvier. Pour fêter ça, l’opposition a débuté la séance en demandant la vérification du quorum des présents. Et, de fait, les bancs de la majorité étaient quasi vides ; selon le sénateur PS David Assouline, « ils étaient moins de dix ». Une manière de remuer le couteau –rouillé– dans la plaie –surinfectée– en démontrant l’absence des élus UMP, mal à l’aise de devoir défendre ce texte. Lesquels élus ne se privent pas, dans les couloirs du Sénat, de déblatérer sur le fait de devoir examiner un texte déjà appliqué. Preuve de la rébellion, la commission des affaires culturelles du Sénat continue à faire voter des amendements contre l’avis du gouvernement. Ainsi, mardi soir, a été adopté un amendement stipulant que la révocation du président de France Télévisions par le chef de l’Etat ne peut se faire sans l’approbation des trois cinquièmes des commissions des affaires culturelles du Parlement. En clair : sans l’approbation de l’opposition. En encore plus clair : Nicolas Sarkozy peut s’asseoir sur son pouvoir de révocation. Bon d’accord, ce n’est pas comme si le Sénat avait voté contre la nomination du patron de la télé publique par celui de la France, mais c’est un vrai coup dur, et Christine Albanel a dû aller dire le désaccord du gouvernement. Et le rapporteur UMP de la commission des affaires culturelles, Michel Thiollière, de répliquer que le « législateur a le devoir de garantir l’indépendance et la liberté des médias ». Et pan dans les dents. Mais c’est aujourd’hui qu’on va rentrer dans le dur, puisque le Sénat va aborder le très controversé volet du financement. L’UMP n’a en effet pas la majorité seule et a besoin des centristes. Lesquels veulent une augmentation de 2 euros de la redevance (en plus de l’élargissement de l’assiette et de l’indexation) et une baisse de la taxe sur les fournisseurs d’accès à Internet. Ce que le gouvernement refuse. Baston à l’horizon. Paru dans Libération du 15 janvier 2009
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