mardi 2 mars 2010 19:11
Vie privée : Street View est encore à la rue
par Camille Gévaudan
tags : vie privée , Google Street View
Google Street View conserve précieusement les photos non floutées durant 12 mois. Extrait de la vidéo sur la confidentialité du service.
Ce n’est pas (du tout) la première fois que les services de Google sont critiqués pour leur irrespect de la vie privée. La preuve en est que dans la phrase précédente, chaque mot ou presque contient un lien vers un article (différent) d’Ecrans.fr traitant du sujet. Un des points les plus récurrents concerne la durée de conservation des données personnelles récoltées par Google, que ce soit dans les historiques de ses moteurs de recherche, les archives de son imagerie satellite ou les clichés urbains collectés pour Street View. Sous la pression du Groupe de travail Article 29 (G29), collectif des CNIL européennes, Google a déjà fait l’honorable effort de réduire la conservation des historiques de recherche de 24 à 9 mois. Ils refusent désormais d’aller plus loin, arguant que « le juste équilibre entre la préservation des données confidentielles et les principes de sécurité » est atteint. Excuse aussi béton que floue. Mais il en faut, des excuses, pour tenir tête aux défenseurs des libertés individuelles sans se faire taxer de Big Brother (comment ça, c’est trop tard ?). Les photographies prises par les voitures Google pour le service Street View, elles, sont conservées 12 mois dans leur version non floutée. Tandis que les copies mises en lignes sont automatiquement corrigées pour masquer visages, numéros de plaques d’immatriculation et inscriptions sur les boîtes aux lettres, toutes ces informations restent visibles sur les originaux stockés dans les tiroirs de Mountain View pendant un an. Un juste équilibre, encore une fois, « légitime et justifié pour assurer la qualité et la justesse des cartes » selon Peter Fleischer, conseiller de Google pour les questions de protection des données. Interrogé par le Monde, il réagit à une lettre du G29 envoyée le 11 février et demandant à Google de diviser ce délai par deux. « Une durée maximale de six mois » est largement suffisante, selon le groupe de travail, pour corriger les panneaux de signalisation floutés par erreur. Erreurs qui seraient d’ailleurs très rares. Par la même occasion, Google est également prié de prévenir (comprendre : à l’avance) les habitants des villes qu’il traversera en voiture ou à vélo. Et « pas seulement sur son site Internet », où l’info n’aurait strictement aucune chance d’arriver aux oreilles de la population. Pour bien faire, Google devrait publier des annonces « dans la presse nationale, régionale et, ou, locale, ou toutes sources d’informations adéquates ». Et coller des avis sur les panneaux d’affichage municipaux, s’il le faut. Puis recueillir et « répondre systématiquement aux demandes d’individus ou de groupes demandant à ce que les photos ne soient pas publiées »... ou même pas prises.
Parallèlement, Google Street View intègre depuis hier des photos d’internautes piochées dans les albums publics de Flickr, Panoramio et Picasa, pour reconstituer des vues panoramiques un peu à la manière du Photosynth de Microsoft. En mode Street View, il suffit de cliquer sur « Photos d’utilisateur », en haut à droite de l’écran, pour les intégrer au paysage. On mêle donc allègrement clichés protégés de Google et photos de touristes non floutées, dont on peut même se partager les liens. Hop, une voiture dont la plaque est lisible, zoup, un visage devant un DVD shop de la rue Saint-Denis et youpi, un gamin qui fait des acrobaties devant le château de Vincennes. Google n’apprendra donc jamais rien ? Sur le même sujet :
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