lundi 16 novembre 2009 17:37
Virage de crise : évolution pro
par Olivier Séguret
tags : économie , facebook , Moi jeux
Modern Warfare 2 - DR
L’industrie du jeu a déçu les espoirs de ceux qui la croyaient « recession-proof ». Comme toutes les branches de l’économie mondiale, elle souffre des contrecoups de la crise, même si elle présente aussi de vrais signes de résilience. Cette semaine a été à cet égard effervescente, avec une accumulation de signes venus animer, voire secouer, le paysage. Première balise : la tonitruante sortie de Call of Duty Modern Warfare 2, qui récolte déjà des records (1,2 million d’exemplaires vendus en Grande-Bretagne le premier jour, par exemple). Même si, crise oblige, le taux d’équipement en consoles ne croît plus aussi vite, le parc installé a considérablement augmenté depuis le lancement du premier Modern Warfare, déjà très populaire. Ce succès est de bon augure pour la saison automne-hiver, celle des gros cartons. Après Forza 3, Halo ODST, Uncharted, FIFA 09, etc., le cortège des grandes pointures va s’étirer bien au-delà de Noël, des titres importants ayant été repoussés pour laisser de la place aux succès actuels. Tandis que jubile Activision, éditeur de la série Call of Duty, son principal concurrent Electronic Arts traverse une mauvaise passe, avec l’annonce de nouveaux licenciements dans ses studios de développement, notamment les prestigieux Maxis, Mythic et Pandemic. Paradoxalement, EA annonçait aussi l’acquisition du studio Playfish, le plus réputé dans son secteur pionnier, le social gaming, qui connaît un développement foudroyant, à la mesure des réseaux sociaux dans lesquels il s’incruste (Playfish a notamment produit les jeux Pet Society, Restaurant City ou Country Story qu’héberge Facebook et qui rassemblent plus de 60 millions d’amateurs). En ligne, communautaire et dématérialisé, le social gaming est perçu comme un nouvel eldorado par certains acteurs de l’industrie. À cet égard, le signal symbolique le plus frappant de la semaine aura été l’annonce, par Ken Kutaragi, le père des systèmes PlayStation, de la création d’une nouvelle société, Cyber AI Entertainment, exclusivement dédiée aux réseaux en ligne et à la recherche et développement en cloud computing (« nuage informatique », voir Libération du 29 octobre). Que cet homme qui a largement contribué à façonner le marché de la console tel qu’on le connaît aujourd’hui annonce son transfert avec armes et bagages dans le grand nuage immatériel estune évolution que l’on n’a pas fini de méditer. Paru dans Libération du 14 novembre 2009
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