jeudi 28 janvier 2010 15:30
Virée « in the air »
par Gilles Renault
Anna Kendrick et George Clooney dans « In the air ». DR
In the Air
de Jason Reitman
avec George Clooney, Vera Farmiga, Anna Kendrick… 1 h 50.
La trentaine à peine sonnée, tout sourit à Jason Reitman, jeune metteur en scène qui, dans un registre mitoyen, suit la trace de son père, Ivan Reitman (Ghostbusters, Jumeaux). Trois films ont en effet suffi au rejeton pour faire son trou dans la comédie sociale, censée érafler un sujet à chaque fois emprunt de gravité. Après Thank You for Smoking, qui l’a lancé en donnant la vedette à un lobbyiste de l’industrie du tabac, puis Juno, qui l’a consacré (box-office et nominations aux oscars 2007 mêlés), Up In the Air semble bien parti pour confirmer ce parcours ascensionnel. Proche du Aaron Eckhart de Thank You for Smoking, le « héros » d’In the Air – le « Up » a sauté dans la curieuse « francisation » du titre – est un autre cas de charmeur costumé à qui tout sourit sur le dos d’autrui. Car Ryan Bingham croule sous le boulot : plus les autres morflent, plus lui prospère en sillonnant les Etats-Unis, d’entreprise en entreprise, pour annoncer à des employés qu’ils vont être licenciés ou, histoire d’arrondir encore les fins de mois, en animant des conférences sur le développement personnel où il ressort partout le même laïus volontariste. VRP serein de la désolation économique, Ryan Bingham vit dans les aéroports, baise dans les Hilton et collectionne les miles comme d’autres les timbres-poste. Personnage clé, il est incarné par George Clooney, symbole ultime de la séduction masculine, qui constitue le meilleur aspect du film en trouvant la bonne distance pour camper un être sans état d’âme, ni réellement cynique, ni faussement naïf, qui met des quidams hors jeu comme d’autres rempliraient des paperasses anodines. Éloge finement acerbe de l’individualisme, la charge prend cependant du plomb dans l’aile quand, au gré de deux rencontres féminines, le propos croise la comédie romantique où le fossoyeur paraît découvrir les bonnes vieilles vertus familiales qu’un twist amoral solde en atterrissage forcé. Paru dans Libération du 27 janvier 2010 Sur le même sujet :
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article

