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jeudi 27 décembre 2007 15:40

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Web 2.0 : Comment en sortir

par Sébastien Delahaye

tags : web 2.0 , site , vie privée , réseau social , myspace , facebook

CC Ludwig Gatzke

Depuis quelques mois, tout le monde vous rebat les oreilles avec Myspace, Facebook et des dizaines d’autres sites communautaires et « réseaux sociaux ». Quoi que ça puisse vouloir dire. Une fois inscrit, on se rend vite compte qu’il faut un temps fou pour s’en occuper, et qu’on y laisse un peu trop de traces, un peu trop de sa vie privée. Alors, pourquoi ne pas tout supprimer et faire comme si ça n’était jamais arrivé ? Si seulement c’était aussi simple... Effacer ses traces sur les réseaux sociaux peut tenir du chemin de croix.

Première étape : faire une liste à peu près complète de tous les services que l’on veut quitter. Ici, une bonne trentaine, accumulés au fil des mois. Aucune chance de se souvenir de tous. La meilleure solution reste de fouiller dans les archives d’emails pour les retrouver. Après quoi, il ne reste plus qu’à se connecter sur chaque site, l’un après l’autre, à se rendre dans son profil, à trouver le lien « supprimer mon compte » et à cliquer dessus. Ca, c’est pour la théorie. En pratique, c’est loin de toujours fonctionner de cette manière. Certains sites (BerliOS, ClaimId, Copains d’Avant, del.icio.us, Flickr, Imeem, Iusethis, Joost, Last.fm, LinkedIn, Myspace, Plaxo, Pownce, Remember The Milk, Savannah, Skaaz, SourceForge, Twitter, Viadeo, Youtube, Ziki... on en oublie sûrement) ont le bon goût d’être effectivement aussi simples. En un clic, on supprime son compte et toutes ses données et c’est marre. Un vrai plaisir.

Chez la plupart des autres (Advogato, AideRSS, Bloglines, Dailymotion, Dopplr, Geni, Ma.gnolia, Me.dium, Netvibes, Rojo, Soup.io, Technorati, Tumblr, Wikio...), la suppression se fait en envoyant un email au support technique du site concerné. Une procédure de désinscription qui demande nettement plus de travail, puisqu’il faut d’abord fouiner pour trouver cette adresse email, rédiger un petit mail en anglais (en fournissant ses identifiants, histoire de prouver qu’on a bien le droit de demander la suppression de son compte), envoyer le courrier... et attendre la réponse. Qui arrive parfois très rapidement (sur Netvibes, ce n’est par exemple qu’une question de minutes), ou qui peut prendre plusieurs jours. Le site Me.dium annonce par exemple une attente de 10 jours pour la suppression d’un compte. Difficilement justifiable, tant l’opération informatique elle-même est simple. Finalement, Me.dium s’en est sorti en quelques heures. C’est à peu près le même délai qu’il faut à Advogato, l’un des ancêtres des réseaux sociaux modernes. A une différence près : contrairement aux autres, Advogato ne fait aucune vérification d’identité avant de procéder à la suppression du compte. Email différent, mot de passe absent : aucune importance. On pourra y voir au choix un danger en matière de sécurité ou une rare relation de confiance.

Sur certains sites (notamment Rojo et Bloglines), malgré la possibilité offerte de supprimer son compte, on tient visiblement à vous garder dans les lieux. La réponse à une demande de suppression par email prend plusieurs jours à arriver, et c’est seulement pour prévenir que l’opération est en cours. Tout en demandant au passage une raison à cette suppression. Pour « améliorer le service », évidemment. Pas toujours facile de répondre que le site ne sert à rien et qu’on n’y est jamais repassé depuis son inscription. Mais le compte finit par être enfin supprimé lui aussi. Ce qui n’est pas le cas partout. Des start-ups comme Soup.io ou Dopplr semblent ignorer royalement les demandes de suppression de compte. Alors qu’il s’agit pourtant d’une possibilité signalée dans le contrat d’utilisateur de ces sites. Quel recours dans ce cas ? La plupart des sites concernés sont aux Etats-Unis, et à part attendre le bon vouloir des maîtres des lieux, il n’y a guère de solution.

Et puis il y en a dont on doit se méfier à coup sûr. Facebook, par exemple, conserve l’intégralité de vos données et se contente de « désactiver » votre compte, sans possibilité de le supprimer réellement. Un cas unique, puisqu’il est notamment possible de réactiver son compte par la suite. Pas vraiment une surprise cependant, puisque Facebook ne fait pas mystère de sa volonté d’exploiter commercialement les données personnelles de chacun. Avant de désactiver son compte, il conviendra donc de supprimer méthodiquement tout ce qui peut ressembler à des données personnelles, en ne laissant que le strict minimum exigé par le site (nom, prénom, date de naissance, email). Pas merveilleux, mais il ne semble pas y avoir de solution miracle à la malédiction du compte Facebook : une fois qu’il est créé, c’est pour la vie. Un fil à la patte dont on se serait bien passé.

La palme du foutage de gueule revient cependant, et de loin, à deux start-ups s’étant fait une spécialité de la gestion de l’identité numérique : Spock et Wink (Libération du 9 août). Toutes deux sont des moteurs de recherche de personnes : en se basant sur les profils des réseaux sociaux et sur les résultats de Google, ils établissent des cartes d’identité numériques d’internautes. Sans leur permission. Se créer un compte permet de modifier ses informations et de corriger des erreurs. Problème : pour ces deux sites, la destruction de compte ne supprime que la possibilité de modifier. Malgré ce qui est annoncé par l’aide technique des sites, les profils créés, et les informations précédemment ajoutées, restent en ligne. Comme sur Facebook, il faudra donc laborieusement faire le vide soi-même avant de demander la suppression de son compte. Seule solution : fuir ces « services » à tout prix.


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