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Il faudra un jour faire un Copenhague de l’internet, qu’on convoque les FAI, pour qu’ils ferment l’accès à ces sites, et on règlerait accessoirement le problème de la création artistique.

Chantal Brunel

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mercredi 3 octobre 2007 15:57

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Wi-Fi gratuit : Paris confirme, San Francisco abandonne

par Astrid Girardeau

tags : wi-fi , économie , Google , FAI

CC Dan Taylor

Lancé en rodage début juillet, Paris Wi-Fi est un ensemble de points d’accès gratuits à Internet via des bornes installées dans des sites municipaux. Point d’orgue du projet PARVI Paris Ville Numérique, il a été officiellement inauguré samedi.

Paris Wi-Fi permet à tout possesseur d’ordinateur, de téléphone portable ou de PDA, équipé d’un système de connexion Wi-Fi, d’avoir accès librement et gratuitement à Internet en haut débit et sans fil dans la capitale. Pour cela, il doit se trouver près de l’un des 225 espaces verts et sites municipaux (mairies, bibliothèques, musées, etc) où sont installées 315 bornes d’accès (voir la liste des sites par arrondissement). Les 400 bornes et 260 sites annoncés pour septembre ont été repoussés à fin octobre. Un retard dû à « des ajustements » notamment liés « à la difficulté d’obtenir une connexion stable dans des espaces ouverts », explique t-on à la mairie de Paris.

Une fois près d’une borne, l’utilisateur a juste à sélectionner Paris Wi-Fi comme réseau d’accès et lancer son navigateur. Une page lui permet alors de valider les conditions générales d’utilisation et d’installer, s’il le souhaite, un logiciel de contrôle parental. Les conditions acceptées, la connexion est lancée. Enfin pour un certain temps, car la durée de connexion est limitée à deux heures par machine. Chaque point d’accès dispose d’une ou plusieurs bornes Wi-Fi dont le débit est partagé par les différents utilisateurs. Le débit, annoncé à « 8 Mbits/s opérationnels » par la mairie de Paris, est un peu tempéré par SFR qui table plutôt sur une moyenne de 6 Mbits/s. Par ailleurs, le réseau ne sera pas de longue portée afin d’être limité aux lieux publics.

La notion de liberté est donc quelque peu à nuancer d’autant que le réseau n’est accessible qu’aux heures d’ouverture des lieux d’accueil. Par exemple la Bibliothèque municipale du Louvre n’est ouverte que de 10h à 17h en semaine, et de 10h à 12h le samedi. La Mairie de Paris explique ce choix par la volonté d’offrir un service « vraiment rattaché aux services municipaux. » Pour eux, l’objectif de Paris Wi-Fi n’est pas de concurrencer l’offre privée : « Paris Wi-Fi ne se présente pas comme un réseau, mais comme des points ». Au contraire, ils souhaitent « aider au développement d’une offre riche en réseaux » dans la capitale. Et le prouvent en votant aujourd’hui une nouvelle concession pour permettre aux opérateurs de louer les lampadaires de la capitale afin d’y installer des bornes de connexion.

Ces limites d’accès sont également justifiées par la loi relative à la concurrence en matière de communications du code des collectivités territoriales (voir article L.1425-1). On se souvient que cela n’a pas empêché l’opérateur Orange d’attaquer, en juillet dernier, la Mairie de Paris pour concurrence déloyale à ses deux mille bornes Wi-Fi payantes disséminées dans la capitale. Ceci après avoir participé à l’appel d’offre, et perdu. C’est en effet SFR-Alcaltel-Lucent qui a remporté le marché, financé à parité par la municipalité de Paris et la région Ile-de-France, et estimé à environ deux millions d’euros de mise en service et plus de 500 000 euros de maintenance.

Aujourd’hui la Mairie se dit « plutôt satisfaite » des premiers chiffres de connexion. Pour les quinze premiers jours de septembre, la bibliothèque de Clignancourt arrive ainsi en tête avec un cumul de 46 752 minutes de connexion. Une fréquentation qui varie selon la météo, mais qui montre une certaine stabilité par exemple aux Buttes Chaumont ou à la mairie du IIIe, où l’expérience du Wi-fi a démarré. Une fois les 400 bornes activées, la Mairie entend « continuer à développer les services proposés sur son portail et peut-être installer de nouvelle bornes, notamment dans les lieux de savoir comme les bibliothèques et les universités ».

Et Paris peut-être fière de son succès au regard de ce qui se passe dans les autres capitales, notamment de l’autre côté de l’Atlantique. Cet été, l’une après l’autre, les mairies de San Francisco, Chicago, Philadelphie, Houston, St Louis ou encore Cincinnati, ont renoncé à leur projet de réseau Wi-fi. La principale raison évoquée est le coût. Pourtant c’est lors d’un voyage aux Etats-Unis que Bertrand Delanoë a trouvé l’inspiration de Paris Wi-Fi. A cette époque, le maire de San Francisco, Gavin Newson, venait d’annoncer avoir confié à Motorola, Google et EarthLink le réseau de la ville. Contrairement au projet parisien, il s’agissait de proposer une connexion Internet gratuite à tous les citoyens, qui devaient ensuite payer leur bande passante. Il y a eu une polémique sur la protection des données du fait que Google était dans l’affaire. Le projet s’est enlisé. Et comme aucun contrat n’était signé, la société EarthLink a décidé de se retirer du projet, annonçant qu’elle jugeait le projet non rentable.


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