Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 4 janvier 2012 12:53

  • internet
  • médias

« WikiLeaks a changé la vision des rédactions »

par Sophian Fanen

tags : interview , journalisme , WikiLeaks

» sur le même sujet

Le journalisme les doigts dans les données

Prisée par les Anglo-Saxons, la mise en scène numérique de l’info peine à s’imposer en France. La présidentielle et les JO pourraient marquer un tournant.

Les Américains défricheurs du déchiffrage

Inauguré par des free-lance dès les années 60, le «data journalism» s’est ancré outre-Atlantique avec l’informatisation des quotidiens.

Simon Rogers dirige l’équipe de data journalistes du quotidien britannique The Guardian. Il a notamment publié début décembre une étude très détaillée des émeutes de l’été dernier outre-Manche, qui montre entre autres que les personnes arrêtées venaient en grande majorité de communes pauvres.

 

Comment avez-vous commencé à travailler avec les données ?

Je dirais que ça a commencé avec le 11 Septembre. Je travaillais comme éditeur [relecteur, vérificateur et titreur, ndlr] avec l’équipe d’infographistes pour traiter un sujet avec des données. Pour être honnête, je suis journaliste, et pas statisticien ou développeur. Mais il est devenu évident que pour tirer un maximum de ce genre d’événement, il fallait savoir travailler avec les chiffres. Je pense aussi qu’il y a une différence avec l’infographie, qui ne fait que présenter des chiffres. Le journalisme de données les analyse et les explique pour enrichir un sujet.

Les journalistes sont pour la plupart réticents à travailler avec des chiffres, ce n’est pas leur culture.

Je pense qu’il s’agit avant tout de penser les chiffres comme une source supplémentaire. Je ne suis pas particulièrement bon en mathématiques, mais je questionne les chiffres et c’est la qualité première dans ce domaine.

Comment la rédaction du Guardian réagit-elle à votre travail ?

Elle réalise que ce que nous faisons fait désormais partie du travail d’un journaliste. WikiLeaks a changé pas mal de choses dans la vision qu’ont les journalistes en interne, parce qu’on a alors eu besoin des data journalistes pour comprendre les données livrées : aujourd’hui, plus personne ne nous demande ce que l’on fait.

Les portails de données publiques se multiplient et sont de plus en plus riches, qu’est-ce que cela change pour vous ?

Les gouvernements publient davantage d’informations, mais pas toujours dans une forme accessible malheureusement. Ces données sont trop fréquemment publiées dans des formats pauvres, comme le .PDF, ou sans les informations qui permettent de les comprendre et de les exploiter. Il est également très difficile d’obtenir les données brutes, avant qu’elles soient agrégées dans des tableaux. Puis il y a un autre problème qui est l’utilisation d’une géographie qui n’est pas toujours cohérente et complique la comparaison de ces données... Nous pouvons néanmoins être le relais entre ces données et les citoyens qui tentent de comprendre mais ne savent pas par où commencer.

Certains reportages ont changé le cours de procès dans le passé. Est-ce que la justice a pris en compte les conclusions de votre travail sur les émeutes de Londres ?

On a aidé à changer le débat. Immédiatement après les émeutes, les politiciens étaient pontifiants sur les événements et leurs causes. Nous avons mis leur vision à l’épreuve. Nous ne savons toujours pas ce qui a provoqué ces émeutes, mais maintenant nous sommes un peu plus proches de la vérité.

 

Paru dans Libération du 3 janvier 2011


Il y a 1 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

interview - Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »

journalisme - De la BFMisation de la télévision

WikiLeaks - WikiLeaks : et mon réseau, c’est du poulet ?

article précédent
Gaëtan Gorce : « La pédagogie doit être au cœur du travail de la Cnil »
article suivant
Le journalisme les doigts dans les données


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Sophian Fanen
  • réactions (1)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Législatives : les boulettes du vote par Internet
  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine

Lib.fr

  • Egypte : les Frères musulmans se disent en tête au premier tour
  • Force Ouvrière a des doutes sur le retour de la retraite à 60 ans
  • Le ministre des Transports refuse tout départ forcé à Air France
  • CGT : Bernard Thibault va dire sa préférence
  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008