mardi 26 décembre 2006 17:03
Wikiasari : mettez de l’humain dans votre moteur
Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipedia, s’est lancé dans un nouveau projet : concurrencer Google en faisant intervenir les internautes pour des résultats de recherche plus fiables.
par Astrid Girardeau
tags : moteurs de recherche , wiki , Wikipédia , wikia
CC Kaptain Kobold
Jimmy Wales le co-fondateur de Wikipedia et directeur de Wikia, a annoncé le développement du moteur de recherche Wikiasari, (asari signifiant « recherche fouillée » en japonais). Ce nouveau concurrent de Google et de Yahoo devrait être lancé au premier trimestre 2007. Wikiasari se veut une alternative à Google, dont Jimmy Wales remet en cause le fonctionnement. Selon lui, le système de Google, dénommé PageRank (1), n’est plus ni valide, ni efficace. Il est aujourd’hui parasité par une quantité de résultats inadéquats voire totalement déplacés par rapport aux requêtes (« spam and useless crap ») ; un parasitage qui vient à la fois de la manipulation de l’algorithme - désormais connu des développeurs web – et de son incapacité à juger si une page est bonne ou non. Jugement qui, toujours selon lui, n’est possible que par une intervention humaine. Avec Wikiasari, il s’agit donc de créer un nouveau type de moteur de recherche basé sur l’intelligence humaine et capable de faire ce que les programmes informatiques ne peuvent pas. Et, au-delà, créer une révolution dans le monde des moteurs de recherches, comme Wikipédia l’a déjà fait dans celui des encyclopédies. L’infrastructure de Wikiasari sera basée sur Nutch et Lucene, des technologies libres dédiées à l’indexation et à la recherche. Avec ce choix, Jimmy Wales se positionne contre la logique propriétaire qui, par son « manque de liberté, de communauté, de souplesse et de transparence », est « responsable d’une recherche sur Internet aujourd’hui en panne ». Officiellement, le modèle économique s’appuiera totalement sur les revenus publicitaires du moteur mais un article du Times du 23 décembre annonçait qu’Amazon, déjà actif dans Wikia, participerait au projet. L’information a immédiatement été démentie par Wales lui-même. Le même jour, il a également démenti la capture d’écran présentée par TechCrunch comme étant la future page d’accueil de Wikiasari. Derrière cet effet d’annonce, peu de faits ont été révélés. Ni la solution utilisée (un mélange d’informatique et d’intervention humaine ou une recherche 100% humaine ?), ni les moyens déployés pour juger les milliards de pages existantes sur le web, ni à quoi ressemblera le résultat final (un moteur ? un annuaire ?). Ce qui ne fait que renforcer l’impression de flou autour de l’appel mondial lancé ces jours-ci pour aider au développement du moteur et de son lancement annoncé dans les trois mois. Malgré tout, le projet semble plus crédible que d’autres futurs concurrents autoproclamés de Google, comme le moteur européen Quaero (lire l’article). Une crédibilité qui s’assoie surtout sur le succès des précédents projets de Jimmy Wales. Mais devant le risque de multiplication de « rumeurs-suivies-de-démentis », il semble plus judicieux d’attendre sereinement les quelques semaines qui nous séparent du lancement de Wikiasari. (1) L’algorithme PageRank fait partie des critères utilisés pour déterminer le positionnement des pages dans Google. Entre deux pages au contenu comparable, c’est celle ayant le meilleur PageRank qui se positionne en premier. Le PageRank d’une page est fonction du nombre de pages qui font un lien vers elle et de leur propre PageRank.
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