Will Wright, le créateur des Sims, quitte Electronic Arts
Le créateur des Sims et de Spore a annoncé sa démission hier matin. Mais il ne coupe pas vraiment les ponts avec Electronic Arts.
par Romain Gouloumes
Will Wright durant une démonstration de Spore, son dernier jeu. - CC jurvetson
Will Wright et Electronic Arts, c’est fini. Enfin pas tout à fait. Après douze ans de bons et loyaux services, ce génie du binaire auquel on doit des best-sellers comme SimCity en 1989, la simulation de vie sociale vendue à plus de 100 millions d’exemplaires Les Sims et plus récemment Spore, ne travaille plus pour Electronic Arts. Mais avec. Dans le communiqué publié hier sur le site du géant de l’édition de jeux vidéo, Will Wright dit vouloir concentrer tous ses efforts sur son groupe de réflexion personnel répondant au doux nom de Stupid Fun Club. Flairant la bonne affaire, EA reste de l’aventure. Fondé en 2001 à l’initiative de Wright, le Stupid Fan Club n’est pas réservé aux seuls jeux vidéo. Films, séries, jouets, Will Wright prévoit d’attaquer « sur plusieurs fronts ». Avec une action qui gratte à la porte des 20$ quand elle en valait 30 de plus l’année dernière, EA ne compte pas lâcher sa poule aux jeux d’or (les ventes des Sims représenteraient plus d’un milliard de dollars), l’éditeur prend donc une participation économique égale à celle de Wright dans Stupid Fun Club. Avec à la clef un droit de veto sur tout ce qui sort de la boîte à idée et la possibilité de développer certains de ses concepts. Ce qui n’a pas l’air de déranger l’intéressé, loin de là : « En douze années chez EA, j’ai eu la chance de travailler auprès des plus brillants et des plus talentueux développeurs de jeux. Je suis impatient de pouvoir continuer à travailler avec eux dans un avenir proche ». Quant au studio Maxis, dont Wright est co-fondateur et EA le propriétaire depuis 1997, il poursuivra son travail sur les séries Sims et Spore sans sa tête pensante. Que les aficionados des mini-hommes se rassurent, attendus pour le mois de juin, les Sims 3 seront à l’heure au rendez-vous, prêts à faire monter votre côte de charisme virtuel et d’amour propre numérique. Confiant, le PDG d’EA, John Riccitiello croit les anciens collaborateurs de Will Wright capables d’assurer la relève : « Will est un grand homme du jeux vidéo, il laisse derrière lui un héritage conséquent, des franchises unanimement appréciées et reconnues comme Sim City, Spore et Les Sims. Les équipes qui ont eu ces projets à charge ces derrières années ont beaucoup de choses excitantes à montrer. » De son côté, le créateur visionnaire donne un nouvel élan à sa carrière avec Stupid Fun Club : « L’industrie du divertissement évolue rapidement vers une ère de changements révolutionnaires, commente Will Wright. SFC me permettra d’explorer les nouvelles possibilités émergeant de ce prodigieux chaos pour créer de nouvelles formes de divertissement. » En fouillant un peu le site du Stupid Fun Club, on peut y trouver un bref aperçu de ce qui nous attend. Trois jeux auxquels on ne comprend pas tout. Pour ne pas dire rien. Comme tout ce qu’entreprend Will Wright, le sens de son travail ne nous apparaîtra sans doute qu’en temps et en heure. C’est, paraît-t-il, ce à quoi l’on reconnaît les vrais artistes. Patience donc.
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