mardi 9 octobre 2007 17:19
Yahoo Music : « Les DRM sont des tentatives de contrôle pathétiques »
par Astrid Girardeau
tags : musique , téléchargement , économie , DRM
Image illustrant (« en exagérant ») qu’iTunes est un simple tableau qui joue de la musique vendu dix dollars © Ian Rogers
Hier, lors du Digital Music Forum de Los Angeles, Ian Rogers, le directeur de Yahoo Music, a secoué le parterre d’experts de l’industrie de la musique réuni pour une conférence sur l’avenir des verrous numériques (appelés DRM). Il a en effet déclaré qu’il ne financerait plus le développement de DRM, ou de tout autre système de contrôle. Alors qu’Amazon vient de lancer sa plate-forme entièrement sans DRM (lire article), et qu’Apple hésite à totalement franchir la barrière, Yahoo Music vient de prendre très clairement position. L’ancien directeur de Yahoo Music, David Goldberg, avait, à plusieurs reprises, exprimé son rejet de la protection des fichiers, et son penchant pour des produits plus en adéquation avec le désir des consommateurs. C’est cette position que Ian Rogers a confirmée lors de son discours, qu’il rapporte dans son blog. Il a ainsi indiqué : « Je suis ici pour vous dire que je ne me laisserai plus piéger (…) Personnellement je n’ai plus le temps, et je ne peux plus supporter de voir de l’argent dépensé pour de pathétiques tentatives de contrôle. La vie est trop courte. Je veux le plaisir des consommateurs, pas leur piquer de l’argent. » Avec humour, il a déploré qu’on puisse, d’un clic, écouter la radio ou voir une vidéo, mais que le téléchargement d’un morceau soit un vrai chemin de croix : « Si vous êtes sous Windows XP ou Vista, et que vous habitez en Amérique du Nord, il faut juste télécharger une application de 20Mo, traverser sept écrans d’installation, redémarrer, traverser cinq écrans de configuration, six écrans pour la carte bleue, donner 160 dollars et Pow ! ». Il a rejeté l’entière responsabilité de cette situation sur les éditeurs : « Yahoo ne voulait pas de toutes ces démarches. Les éditeurs les ont dictées ». En réaction, il a voulu montrer qu’il avait particulièrement compris l’importance de la notion de « confort ». Pour lui, rien ne sert de créer quelque chose qui va torturer le consommateur. Particulièrement sur Internet, c’est le confort et la simplicité qui marchent : « je ne laisserai pas Yahoo dépenser un sou de plus pour fabriquer ces obstacles pour le consommateur. » « Je ne dépenserai pas un sou de plus pour des ingénieurs qui construisent de faux contrôles qui rendent l’écoute de la musique plus difficile pour les amateurs. Je mettrai toute mon énergie pour la rendre plus facile, et rendre l’expérience meilleure. Je vous suggère de faire le même. » a conclu Rogers. Reste à espérer que le public et les autres intervenants de la conférence - David Pakman d’eMusic, Albhy Galuten de Sony Corp, encre Mike Rich d’AOL, etc. - l’aient entendu. Tiraillée entre son chiffre d’affaires et le piratage, l’industrie musicale semble enfin vouloir faire évoluer sa politique. Ainsi, la semaine dernière, Guy Hands, le nouveau patron d’EMI, a réagi à la décision de Radiohead (anciennement chez EMI) de vendre leur album sur le net à un prix décidé par les fans (lire article). Selon le Telegraph, il a qualifié cette action « de sonnerie de réveil à laquelle il faut répondre avec créativité et énergie ». Selon lui, l’industrie du disque est « restée la tête enfouie dans le sable » face à la digitalisation, au lieu de profiter des nouveaux moyens de production et de distribution qu’elle offre.
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