mercredi 3 juin 2009 11:28
YouTube doit-il payer pour chaque clip diffusé ?
par Astrid Girardeau
tags : vidéo , clip , économie , droits d’auteur , YouTube
Muse, l’un des groupes gérés par la PRS
En mars dernier, les internautes anglais étaient privés de l’accès à des centaines de clips vidéo sur YouTube. Le résultat d’un combat entre Google, le propriétaire de la plate-forme de vidéos en ligne, et la Performing Rights Society for Music (PRS), la Sacem britannique à propos des tarifs pour la diffusion des clips des artistes nationaux. La semaine dernière, la PRS a reculé, et fait une proposition à la baisse. Contrairement à l’affaire YouTube/Warner, ici, ce n’est pas la PRS qui avait demandé le retrait des vidéos. Mais bien Google lui-même qui l’avait décidé. Ceci en réaction aux exigences financières : une rémunération de ses artistes à hauteur de 0,0022 £ (0,0025 euros) par lecture (et non au forfait comme c’est actuellement le cas). Le tout dans un climat de défiance mutuelle sur les méthodes et la transparence quant au calcul des sommes à restituer. « Les coûts sont tout simplement prohibitifs pour nous – avec les conditions proposés par le PRS, nous perdrions de l’argent à chaque clic sur nos vidéos », indiquait alors Google. De son côté, la PRS estimait, et estime toujours, que les artistes doivent être rémunérés pour chaque diffusion de leur musique en ligne. Elle a cependant revu ses tarifs à la baisse de près de deux tiers. Dans sa nouvelle grille de rémunération, Online Music Licences, la société de gestion demande ainsi 0,00085 £ (0,00098 euros) pour les lectures à la demande. Cette tarification sera mise en vigueur à partir du 1er juillet prochain, et valable pour trois ans. « Google, le propriétaire du site, accuse la Performing Rights Society for Music d’être gourmande dans les négociations, mais ils omettent facilement de mentionner le salaire de misère qu’ils paient pour les professionnels des contenus diffusés sur YouTube », réagissait la chanteuse et chroniqueuse Helienne Lindvall dans les colonnes du Guardian. Même son de cloche chez le journaliste et informaticien Thierry Crouzet. « Le véritable ennemi des créateurs n’est pas la copie des contenus mais le refus des plateformes 2.0 de partager ce qu’elles gagnent avec ces contenus, écrivait-il récemment. La vrai honte, c’est que Google et les autres services pillent les créateurs. Sur le dos des créateurs, ils génèrent plus d’argent que n’en ont jamais généré les créateurs. Si le gâteau était partagé, tout le monde y trouverait son compte. » YouTube qui, de son côté, perd toujours et encore de l’argent, n’a pas souhaité faire de commentaire — « nous saluons tout effort visant à rendre les tarifs des licence plus réalistes, mais nous sommes toujours en discussion avec la PRS, (...) et ne pouvons pas commenter davantage », a indiqué un porte-parole — sans préciser toutefois s’ils allaient rendre de nouveau accessibles les vidéos bloquées. Pour rappel, en avril, YouTube utilisait la même tactique avec la Gema, la Sacem allemande, qui selon Google réclamait un tarif « plus de cinquante fois plus élevé » que la PRS. Quelques jours plus tard, en France, la Sacem montait au créneau, et lançait un ultimatum à Google. Catherine Kerr-Vignale, membre du directoire et responsable des perceptions, indiquait : « Notre but à nous, en tant que société représentant les auteurs, n’est pas de bloquer, mais de voir le contenu diffusé au maximum avec rémunération. On dit à YouTube, en gros, diffusez tout, mais payez-nous ! » Avant d’affirmer qu’elle « pourrait prendre des prendre des mesures sévères ». La Sacem menaçant Google ? Hum... Sur le même sujet :
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