jeudi 18 juin 2009 17:19
Zimbalam, disquaire alternumérique
Un site permet aux musiciens sans label de vendre des morceaux en ligne.
par Christophe Alix
La crise traversée par l’industrie du disque ne fait pas que des victimes. Elle est aussi, dans certains cas, synonyme de réinvention de ses métiers avec la création de nouvelles activités. C’est le créneau choisi par le premier label digital européen, Believe, qui lancera demain, une nouvelle offre en phase avec les opportunités de distribution de la musique à l’ère numérique. Baptisée Zimbalam, il s’agit d’une nouvelle plateforme accessible à tous les musiciens pour faire mieux connaître leur musique et, pourquoi pas, la vendre. Un buzz est si vite arrivé… Le site se présente comme une sorte d’Appstore musical, le magasin en ligne d’Apple pour distribuer des applications pour l’iPhone. A la différence qu’en s’y inscrivant, les créateurs achètent un ticket d’entrée pour être distribués, non par une boutique exclusive, mais par une vingtaine de disquaires numériques. « Parce que tous les artistes ont le droit d’exister… et de rester libres », explique, non sans un brin de démagogie, Believe. En surfant sur la vague émancipatrice anti-majors, Zimbalam permet à tout artiste qui a enregistré un album, un E.P (quatre ou cinq titres) ou même un seul titre de tenter sa chance sur iTunes, Virginmega, Fnac.com, Orange, SFR, Amazon et consorts. Le site qui n’impose aucun engagement de durée ou d’exclusivité facture aux artistes 19,99 euros pour un single – ou 29,99 euros pour un album – au titre des frais de mise en ligne (hébergement, bande passante, etc.) et s’engage à reverser 90 % des revenus générés par les ventes après déduction de la part revenant aux disquaires en ligne. « On est conscients que pour l’immense majorité des artistes, les téléchargements n’iront pas au-delà de quelques unités et d’un cercle très restreint, explique Denis Ladegaillerie, fondateur de Believe. Mais on est tout aussi persuadé que le succès sera au rendez-vous pour quelques-uns. Or, sans la visibilité d’un outil comme Zimbalam, comment ces artistes auraient-ils la moindre chance de percer ? » Si Believe a mis près d’un million d’euros pour développer cette plateforme unique en son genre en Europe, c’est parce que ce label, déjà très international, parie sur une musique démocratisée par les nouvelles technologies. A l’ère de la profusion digitale et de la production home studio, Believe estime que son offre calibrée pour les musiciens sans maisons de disques est susceptible de séduire 10 000 artistes très vite et 100 000 d’ici la fin de l’année en France. « Il y a 3,5 millions d’artistes non distribués en Europe et 458 000 profils de musiciens non signés rien que sur le MySpace français, poursuit Ladegaillerie, le potentiel est énorme. » Né en 2005, Believe, qui a bénéficié de 6 millions de financement en capital-risque, s’est fait une spécialité de distribuer et populariser des labels et des artistes, parfois très connus (de Barbara Hendricks à Bob Sinclar), dans l’univers numérique. Mais cette start-up qui a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 6 millions d’euros en 2008 et vise le double fin 2009, n’est en mesure « d’accompagner en ligne » qu’un petit nombre d’artistes sélectionnés. « On reçoit 50 000 demandes par an, mais on ne “travaille” qu’avec quelques centaines d’artistes, explique son patron. C’est pour tous les autres qu’on a créé Zimbalam. » Réponse alternative à une crise du disque qui va de pair avec une explosion de l’offre, Believe entend prouver que l’on peut vendre – un peu – sa musique en se passant des maisons de disques. Place à l’autodistribution automatisée par la grâce des nouvelles technologies. Paru dans Libération du 18 juin 2009
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