jeudi 7 janvier 2010 10:29
iPhone, le bijou d’Apple attaqué
par Christophe Alix
Ne l’appelez plus téléphone...
Nexus One, le challenger signé Google
Intelligent
Autant le dire tout de suite, le téléphone ne sert plus à téléphoner. Ou si peu.
Journée infernale avec mon smartphone
Du matin au soir cramponné au portable... Gare à l’overdose !
Trafic mobile embouteillé
La navigation intensive sur Internet sature le réseau des opérateurs téléphoniques.
Jamais un écran de poche n’avait provoqué autant de files d’attentes à l’entrée des magasins. Le très iconique iPhone d’Apple qui, avec sa deuxième version 3GS, a corrigé ses défauts initiaux, est le premier authentique «cybercouteau suisse» du XXIe siècle. Grâce à ses 100 000 applications téléchargées 3 milliards de fois sur l’App Store en moins de 18 mois, la firme de Steve Jobs a développé un écosystème unique au monde. Qui, comme le fondateur d’Apple le dit lui-même, «procure une expérience complètement différente de ce qui existe sur d’autres terminaux mobiles». Comme le promet la publicité, il y aura bientôt une application «pour à peu près tout» et l’avance colossale prise par l’iPhone sur ce marché émergent ne devrait pas être rattrapée de sitôt. En outre, si tout le monde (éditeurs de jeux vidéo, médias dont Libération, cybermarchands et marques en tous genres) se rue pour être accessible via la nouvelle «plateforme mobile» de référence du marché, chaque application rapporte 30 % de commission à Apple lorsqu’elle est payante. Bingo. Si elle constitue l’aspect le plus novateur de l’iPhone, cette caverne d’Ali Baba n’est pourtant qu’un élément parmi d’autres de l’attractivité de ce must have de la vie numérique. Grâce à son interface très intuitive, l’iPhone se paie le luxe d’être livré sans mode d’emploi et constitue le premier smartphone accessible à Monsieur tout le monde. La force d’Apple, c’est la cohérence d’un univers numérique d’autant plus balisé qu’il est totalement fermé. A la manière d’une Ferrari en Formule 1, Apple conçoit à la fois le moteur (le système d’exploitation), le châssis (l’iPhone, l’iPod, demain l’ardoise éléctronique baptisée «eslate») et ne tolère aucune intrusion extérieure qui pourrait altérer son «environnemment». Le hic, c’est que cette «secte», comme l’appellent ses détracteurs, maniaque de l’image et du secret, pourrait payer cher son refus du moindre partage. A l’inverse d’un Google ou d’un Microsoft qui cherchent à attirer le plus grand nombre de fabricants de smartphones pour «capillariser» au maximum leurs standards technologiques, Apple veut tout concevoir lui-même, tout contrôler de A à Z. Au risque d’un splendide isolement qui a failli lui être fatal au début des années 1990. Cette manière de verrouiller les marchés, ses tentatives d’imposer sa loi aux opérateurs suscitent un agacement croissant. Un choix qui pourrait, en cas de gros gadin, tourner à la curée. Personne n’imagine Google détroner l’iPhone sur les grands marchés du nord, où Apple a réussi une percée pour le moment décisive. La situation pourrait être toute différente sur les marchés émergents où l’iPhone, en raison de son prix plus élevé, reste encore marginal. La chance de Google ? Paru dans Libération du 6 janvier 2009Ses forces
Ses faiblesses
Et demain ?
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