Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

vendredi 15 septembre 2006 15:14

  • internet

«les premiers d’une lignée de musiciens qui ont bien utilisé l’internet»

Comment les quatre rockeurs américains d’OK Go ont tissé leur succès à coups de vidéos visitées par millions sur le Net.

par Marie Lechner

tags : musique , vidéo , danse , YouTube , concert

Damian, chanteur et guitariste des Ok Go - DR

» sur le même sujet

Go ok go go

Comment les quatre rockeurs américains d’OK Go ont tissé leur succès à coups de vidéos visitées par millions sur le Net.

Damian, chanteur et guitariste du groupe power pop de Chicago et Washington DC, raconte comment ils sont devenus populaires grâce à leurs vidéos décalées postées sur Youtube.

Qui sont les OK GO?
Nous sommes une bande de copains qui voyagent ensemble en jouant du rock. Tim le petit avec les lunettes est le bassiste et le mec charmant. Il écrit des pièces de théâtre à ses heures perdues. Andy avec son visage d’ado, est le guitariste et un programmeur informatique accompli. Il garde en mémoire une masse sidérante d’informations sur le baseball et le footbal et curieusement, quand ses rouflaquettes poussent, elles sont rousses. Dan, le gars qui a l’air solide, est le batteur et le seul mec de la bande qui fume et qui s’y connaisse en mécanique. Je suis Damian, le grand mec fluet et le chanteur. Il y a une espèce de coccinelle qui porte le nom de mon grand-père, j’ai joué au basket avec un vice président des Etats-Unis en activité, et j’ai un talent naturel pour construire des trucs avec des legos.

D’où est venue cette idée de chorégraphier A million Ways?
A l’origine, on a conçu ce numéro comme une cascade pour notre spectacle. On voulait être capables de poser nos instruments au beau milieu du spectacle et se mettre à danser. Déconcerter et étonner le public devrait être l’objectif de n’importe quel bon concert de rock, et les irruptions spontanées de danse rendent à coup sûr les gens heureux. Alors nous avons embauché ma soeur (nous lui avons payé un café), danseuse de salon professionnelle, et elle a passé quelques jours avec nous pour monter le numéro.

Aviez-vous l’intention d’en faire un clip?
A l’origine, le numéro était destiné aux concerts live. Le clip qui est devenu omniprésent sur la toile n’est en fait qu’une vidéo d’entraînement qu’on a filmée dans mon jardin. La vidéo a commencé à ramper sur le net après qu’on l’ait montré à quelques fans, mais même là, ça nous a pris quelque mois avant qu’on pense à en faire un clip décent. Quand les téléchargements ont commencé à atteindre les millions, on a pris conscience que notre vidéo faite maison remplit la fonction d’un vrai clip: donner aux gens une raison supplémentaire d’aimer la chanson.

Et la mise en ligne sur Youtube?
Ok Go est content d’avoir son propre pionnier du numérique, mon meilleur ami Jorge. C’est le genre de gars qui passe sa journée à fouiller le net, lisant les blogs des experts en boomerang et cherchant des histoires sur des singes qui braquent des épiceries. Alors quand Youtube a émergé, il a été le premier à le savoir et le premier à réaliser le potentiel de l’affaire. Il n’a pas tardé à mette en ligne le Million Ways dance.

Comment le public a-t-il réagi?
Ils ont eu l’air d’aimer. Il est difficile de faire ou même de trouver des choses, rigolotes et divertissantes qui ne soient pas gangrénée par l’ironie ou le sarcasme. Evidemment, la danse est un peu ironique, mais c’est surtout rigolo. On ne cherche pas à se moquer, juste à nous amuser.

Avant même de lancer la compétition en ligne sur Youtube, y avait-il déjà des fans qui faisaient des reprises de votre chorégraphie?
Oui, nous avons commencé à avoir des «covers» de la danse à peu près un mois après qu’on l’ait mis sur internet. Avant même que Youtube n’existe, des gens ont envoyé des DVD à notre bureau et des fichiers vidéo par mail. Au début, ils provenaient essentiellement de concours de jeunes talents et de mariages. Au fur et à mesure que leur nombre croissait, nous avons été de plus en plus impressionnés et ça nous a décidé à lancer ce concours. A ce moment, Youtube était opérationnel, alors nous avons invité les gens à soumettre leur film.

Combien de reprises avez vous comptabilisé?
Il y a en eu des tonnes. En ce moment, quelques centaines continuent d’arriver. C’est vraiment très du pour nous désigner un vainqueur. Certains ont recréé la danse si parfaitement qu’ils ont même mémorisé nos maniérismes, ils marchent avec la même allure et règlent leur cravate en parfaite synchronisation avec l’original. D’autres ont proposé des réinterprétations totalement sauvages, incorporant la danse dans leur spectacle de Noël, l’exécutant en costume Amish, recréant la danse en lego animés images par images. Il y en a même qui ont tenté une version sous-marine. Il y a eu tellement de gens à fournir un tel d’effort que c’est très difficile de savoir qui récompenser.

Que pensez vous de ces phénomènes internet?
C’est évidemment excitant et à court terme, c’est très gratifiant de voir notre musique voyager dans des coins du globe qu’on n’aurait même pas pu imaginer. Mais il faut voir quel sera l’effet à long terme. Dans la courte histoire des vidéos virales, celles qui ont vraiment touché un public massif étaient surtout des blagues. Nous ne souhaiterions pas être catalogués comme des comiques ou des gars qui en font trop, c’est en général ce que véhicule ce genre de vidéos. On espère toutefois n’être pas seulement une éphémère curiosité, une distraction de bureau, mais les premiers d’une lignée de musiciens qui ont bien utilisé l’internet.

Avez vous été surpris par le succès de la vidéo?
Nous espérions que quelque chose se passe, mais l’attention incroyable dont a bénéficié nos vidéos nous a plutôt surpris. Nos vidéos faites maison nous ont formidablement aidé en tout cas pour nous faire repérer. Nos concerts attirent plus de monde qu’il y a un an, toutes les chaînes de télé américaines nous font tourner en boucle, plusieurs grosses radios jouent nos morceaux et suite au succès internet de notre nouvelle vidéo (celle avec les tapis de course), MTV nous a demandé de faire une performance à l’occasion des Vidéo music Awards, sans conteste l’évenement le plus en vue de l’année dans la musique américaine.

L’internet est-il en train de changer le rapport avec les fans?
Ce qui est fascinant avec le net, c’est que les frontières sont floues entre les gens qui produisent la musique et les communautés qui se construisent autour. Si vous tapez Ok Go dans le moteur de recherche de Youtube, vous trouverez les vidéos que nous avons produites et mises en ligne. Vous trouverez les vidéos de fans et des interviews que des fans ont fait avec nous, des enregistrements live de concert et des bootlegs de nos apparitions télé, des vidéos d’autres groupes qui sonnent comme nous etc... Au total, il y a beaucoup plus de matériel généré par la communauté qui nous écoute que par nous-mêmes. Ceci aurait été difficile à imaginer, il y a dix ans de ça.

Votre nouvelle vidéo sur les tapis de course risque-t-elle de susciter le même engouement?
Nous avons des lettres de fans qui nous demandent comment acquérir une poignée de tapis de course, donc nous savons que la volonté est déjà là. Mettre ses mains sur ces machines n’est ni bon marché ni facile, et le numéro est à la fois dangereux et contrairement aux apparences très difficile, alors nous ne pensons pas que beaucoup de gens vont réussir ou même vont essayer de le reproduire. C’est probablement dans notre intérêt de les en décourager. En fait, nous n’aurions pas les moyens de payer les frais d’hospitalisation des trop ambitieux.

Ne risquez vous pas de devenir plus célèbres pour vos talents de danseurs que de musiciens?
Chaque groupe qui fait un hit s’inquiète de la suite. Nous avons un peu peur d’être catalogué comme «LE groupe qui danse», mais nous sommes aussi persuadés d’avoir encore de la bonne musique à écrire et à enregistrer et nous espérons que la porte entrouverte par ces vidéos restera ouverte assez longtemps pour proposer de nouvelles idées aux gens.


Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

musique - Un coup de Moog

vidéo - VLC, le lecteur milliardaire

danse - Frères de rythme

YouTube - Piano-grenouille

concert - Quand !!! s’emporte à Paris

article précédent
Le Patator, ou le flash-ball du pauvre
article suivant
Mentions légales


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Marie Lechner
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Entendu sur le web : des tweets, des spams et des chips devant la télé
  • Aujourd’hui, les geeks font tourner les serviettes
  • Ça déchire
  • « Entre le 15 mai et le 15 décembre 2011, aucun film français n’a été téléchargé sur le Web »
  • Législatives : les boulettes du vote par Internet

Lib.fr

  • Plans sociaux : la justice au secours des salariés ?
  • Dans ton casque: Jorge, 30 ans
  • L'album des écrivains : Paul Claudel en 1954
  • Quelques minutes radio autour d'un livre et de la lecture
  • La défense de Gbagbo conteste la légitimité de la CPI

A savoir

A voir sur Youtube :
La compétition
Un montage
La vidéo sur tapis de course
publicité

C’est joli, on aime

img75
Ça déchire

Une feuille de papier, une photocopieuse, des milliards de possibilités.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008