Mercato pour les jeux sociaux
par Virginie Malbos
tags : jeux en ligne , Apple , Google , Myspace , facebook , Disney
Petit cours de jeu social. CC BY Media Evolution
Ce qui n’était encore qu’une rumeur s’est confirmé cette semaine : le futur réseau social de Google sera définitivement axé sur les jeux sociaux. Une tendance qui ne faisait plus grand doute depuis la révélation par le site Techcrunch d’un investissement de 100 à 200 millions de dollars dans la société Zynga, créatrice de jeux sociaux tels « Farmville ». Mais qui restait sujette à interprétation, la somme ne devant pas représenter grand chose dans le budget de Google. Depuis, les choses se sont précisées. Mercredi, le Wall Street Journal affirmait, sources à l’appui, que GoogleMe, le futur réseau social, intégrerait sans aucun doute des jeux. Une information confirmée par des faits : en plus de son intérêt avéré pour Zynga, Google serait actuellement en discussion avec deux autres sociétés créatrices de jeux sociaux : Playdom et Playfish racheté 400 millions de dollars par Electronic Arts. Des investissements qui permettront à la firme américaine de marcher sur les plate-bandes de Facebook - et d’engranger les mannes financières qui vont de pair. Le PDG de Google, Eric Schmidt, nuance pourtant le duel annoncé : « le monde n’a pas besoin d’une copie » de Facebook. Serait-il échaudé par l’expérience Orkut, premier réseau social de Google n’ayant percé qu’au Brésil et en Inde ? En tout cas, Google sait qu’il doit se différencier, et se penche donc vers le jeu social. Pour ce faire, il devra compter sur Disney. Car depuis mardi, les parents de Mickey sont aussi les futurs heureux propriétaires de Playdom. La société créée il y a deux ans et demi devrait être rachetée 563,2 millions de dollars, avec 200 millions supplémentaires pour les actionnaires sous condition de bonnes performances. Playdom édite une quinzaine de jeux pour Facebook et Myspace comme « Social City », « Sorority Life », « Bola » ou « Market Street ». En tout, elle représente 42 millions de joueurs par mois. A titre de comparaison, « Farmville » de Zynga en revendique 60 millions. Ce qui rend les analystes sceptiques sur cette acquisition devant s’achever début octobre. Ils considèrent que le prix payé est beaucoup trop élevé. Mais pour Disney aucun doute n’existe. Dans un communiqué, Robert A. Iger, président et PDG de Walt Disney explique : « Nous percevons un gros potentiel de croissance en rassemblant la talentueuse équipe de Playdom et nos départements créatifs, nos salariés et nos marques reconnues à travers le monde comme ABC, ESPN et Marvel ». Il ajoute :« Nous voulons renforcer notre gamme, déjà solide, de jeux en ligne et offrir à nos clients de nouvelles façons d’interagir avec Disney sur des réseaux sociaux populaires comme Facebook et MySpace ». Et donc, par extension, GoogleMe. Mais Google n’est pas le seul à placer ses pions sur le marché juteux du jeu social. Mercredi, IGN Entertainment, le groupe multimédia gérant le célèbre site de jeux vidéo a lancé la beta de son MyIGN. Un réseau social consacré aux joueurs et qui fera la part belle aux jeux sociaux. Le site aux 12,7 millions de visiteurs par mois donnera ainsi la possibilité de suivre des développeurs de jeux mais aussi d’autres utilisateurs, de tester des démos et de poster des statuts comme sur Facebook. L’inscription peut d’ailleurs se faire via son compte Facebook ou via le compte IGN. En récompense de leur activité sociale, les membres gagneront des points qui leur permettront de passer des niveaux. IGN devient ainsi un réseau social via le jeu. Une orientation suivie par MySpace, autre site web appartenant à la News Corporation de Rupert Murdoch. Alors que le conglomérat envisage de se tourner sérieusement vers le jeu vidéo, Jon Miller, responsable des technologies numériques chez News Corp s’exprimait la semaine dernière à ce sujet. En résumé : MySpace perd des visiteurs et doit se recentrer sur ce « qu’il est vraiment ». Autrement dit la musique, le jeu et la vidéo. Le site est donc le mieux placé pour devenir la plateforme de jeux vidéo sociaux de News Corp. Et il n’y a pas que les acteurs du web pour investir dans le jeu en ligne, les chaînes de magasins s’y mettent aussi. Mardi la plateforme de jeux Kongregate perdait son indépendance au profit de GameStop, l’une des plus grandes chaînes de détaillants de jeux vidéo et de produits de divertissement aux États-Unis. Une opération qui devrait renforcer les ventes de GameStop sur Internet, et faire du site un point de passage incontournable pour les joueurs. Selon le PDG J. Paul Rainesm, l’acquisition de Kongregate « fait avancer la stratégie numérique de GameStop en fournissant une plateforme de jeux pour tous, sur mobile et en ligne, qui pourra être utilisée par nos clients ». L’achat sera finalisé début août. Kongregate représente 8500 développeurs mais surtout 10 millions de visiteurs par mois et 23 millions d’heures passées à jouer et à parler avec les autres joueurs. Outre Facebook, il faudra donc compter sur GoogleMe mais aussi Kongregate, IGNMe et MySpace en matière de réseaux sociaux à tendance ludique. Sans oublier le Game Center d’Apple qui devrait être utilisable à la rentrée. La plateforme permettra à la manière du XBox Live de gérer sa liste d’amis, ses trophées et ses scores. Cette multiplicité des acteurs augure donc une recrudescence des occasions de se la jouer en ligne. Même si, en manière de résultat, aucun suspense, on connaît déjà l’identité des winners : les responsables de vente d’espaces publicitaires, sous réserve que l’audience ne s’éparpille pas trop...Mickey chez Playdom
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