
vendredi 4 avril 2008

Il y a plus d’un an, on parlait de Online encyclopedia of Mass Violence (encyclopédie en ligne sur les violences de masse). Il s’agit d’un projet de base de données internationale en accès libre sur les génocides, crimes contre l’humanité et massacres civils commis dans le monde au XXe siècle , lancé par Jacques Semelin, historien et politologue, directeur de recherche au Centre d’Etudes de Recherche Internationale (CERI) (1). L’encyclopédie a été lancée officiellement hier, jeudi 3 avril 2008.
Loin d’être finalisé, le site mis en ligne est seulement le démarrage de ce projet, « monstrueux par l’ampleur du sujet qu’il traite et l’ampleur qu’il prend » selon Semelin, qui a rassemblé autour de lui une équipe internationale de spécialistes. Beaucoup de sujets ne sont pas encore été traités, un flux RSS permet d’être au courant des nouvelles mises à jour. On y trouve des articles classés par continent ou pays, des études de cas, des écrits théoriques et un glossaire. Tous les articles sont en anglais, quelques-uns sont parfois traduits dans une autre langue et alors disponibles en PDF.
Quand on lui demande pourquoi avoir créer une telle encyclopédie, Semelin répond systématiquement « parce que ça n’en existait pas ». En tant que chercheur, il estime qu’il s’agit de sa responsabilité de « savoir et faire savoir ce qui s’est passé ». Il met en avant la notion transmission — « constuire la connaissance et la diffuser » — avant celle de prévention de nouveaux massacres. « A mon modeste niveau, je ne crois pas pouvoir prévenir un génocide », déclarait-il hier sur France Inter.
Conscient que la première ressource d’informations est désormais Internet, il a décidé de créer un outil de référence en ligne rassemblant toutes les connaissances des différentes disciplines (histoire, anthropologie, sciences politiques, etc.) sur les massacres et génocides du XXe siècle (Shoah, génocide arménien, massacre des kurdes en Irak, etc.). Une base de données tant à destination des professionnels (universitaires, ONG, politiciens, experts en droit international, journalistes, etc.) que du grand public.
A l’heure du web 2.0 et du tout participatif, Online encyclopedia of Mass Violence ne compte pas sur le public pour enrichir les données. « Ce n’est pas le genre de la maison, indique Jacques Semelin à France Inter, c’est un sujet trop sensible pour pouvoir se permettre ce genre de participation. » Par contre, il compte jouer la transparence en mettant en ligne les différentes étapes de validation de chaque papier. Chaque article doit en effet passer six étapes, dont la validation par un bureau de supervision, avant d’être publié sur le site.
(1) Initié par Jacque Semelin, le projet est porté par Sciences-Po Paris et plus particulièrement par le Centre d’études et de recherches internationales (CERI). Il est également soutenu par le CNRS, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le programme Alliance (Sciences Po/Columbia University), et la Communauté Urbaine du Grand Nancy.