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lundi 18 avril 2011 15:47

  • internet

.xxx, le porno en extension

par Virginie Malbos

tags : nom de domaine , porno

DR

Alors que ce week-end, le .fr passait le cap des deux millions de sites, c’est une autre extension de nom de domaine qui a fait parler d’elle : le .xxx, réservé aux sites pornographiques. Ajoutée vendredi à la racine Internet, l’extension a été lancée dans la foulée. Et ce un mois à peine après avoir reçu l’approbation pour sa création de la part de l’ICANN, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, organisme qui gère le réseau.

Un accord obtenu difficilement, car il y a cinq ans, l’organisme avait rejeté la proposition. Une procédure en appel et quelques pétitions plus tard, la voici acceptée. Pour le plus grand bonheur de l’ICM Registry, organisation qui sera chargée de la gestion de l’extension. La firme, qui ne gère que le .xxx, espère retirer 200 millions de dollars par an de cette activité, en ayant fixé un prix de vente autour des 60 dollars, contre 6 euros pour un .fr. Elle affirme que 600 000 noms de domaine en .xxx ont déjà été réservés.

Pour autant, le succès n’est pas encore garanti, car parmi ces réservations figurent bon nombre de spéculations. ICM a par exemple retenu le nom de domaine sex.xxx, et si l’entreprise l’utilise pour l’instant pour faire la promotion de son .xxx, elle ne devrait pas avoir de mal à la vendre pour un bon prix en temps voulu. Fin 2010, le nom de domaine sex.com avait été cédé pour 9 millions d’euros. D’autres réservations se sont également faites par précaution, comme l’expliquent les acteurs du porno sur le web dans un article de l’Expansion. Le but avoué est alors de lutter contre le « cybersquatting », et non pas de lancer un site en .xxx.

D’ailleurs, même si les noms de domaine ont été lancés ce week-end, ils sont très peu à déjà proposer un site. Ce qui n’empêche pas les critiques envers le .xxx de continuer, provenant pour la plupart des professionnels du x eux mêmes. La Free Speech Coalition, association regroupant des industriels du porno et ayant manifesté contre cette extension, craint en effet qu’à un moment, les sites soient obligés de passer en .xxx et donc de donner de l’argent à ICM. Surtout, ils redoutent les blocages que les gouvernements pourraient mettre en place. Car avec ce type d’extension, le travail de censure s’avère beaucoup plus simple qu’en utilisant des mots clés ou des listes noires. L’Inde a d’ailleurs déjà affirmé vouloir bloquer l’accès à tous les sites en .xxx grâce à un filtrage au niveau des fournisseurs d’accès. Ce genre d’extension allant « à l’encontre de leur culture et de leur morale », selon un haut fonctionnaire indien interrogé par The Economic Times.

De plus, la création de cette extension soulève une autre question, elle aussi maintes fois débattue : celle des noms de domaine en .paris, .seattle ou autres... Jusqu’à présent, les négociations sur leur création étaient au point mort, mais une réunion a été fixée au 20 juin à Singapour. Aujourd’hui, il existe sur la toile 21 noms de domaine générique, et près de 200 extensions nationales. Un chiffre qui pourrait donc augmenter considérablement, à condition d’en supporter le coût : créer une extension demande un demi million de dollars, dont 185 000 sont versés à l’ICANN.


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