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samedi 1er juillet 2006 16:12

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« xxxHOLIC », la maison qui perd ses esprits

Dans cette adaptation cinéma d’un manga du collectif féminin Clamp, les personnages évoluent comme dans un jeu vidéo, dans un univers empreint d’une esthétique surréaliste et frénétique.

par Samuel Douhaire

tags : animation , manga

« xxxHOLIC, songe d’une nuit d’été », de Tsutomu Mizushima. 1 DVD Kaze, 25 euros. Egalement disponible en version collector 3 DVD avec « Tsubasa Chronicle » et des bonus, 50 euros.

Une sorcière aux allures de vamp mais accro au saké, des lycéens qui attirent les esprits, des créatures façon Pokémons qui font le lien entre les mondes parallèles... Voilà le genre d’extravagances que l’on trouve dans un film d’animation japonais au titre pour le moins énigmatique, xxxHOLIC. Un univers dont la devise pourrait être cette phrase, empruntée à la mystérieuse Yuko : « Les humains, voilà bien les choses les plus étranges en ce monde. » Réalisé au sein du studio IG (concepteur des classiques Jin-Roh et Ghost in the Shell), xxxHOLIC est l’adaptation cinéma d’un manga de Clamp, un collectif d’auteures dont la particularité est d’être composé exclusivement de femmes. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Toujours est-il que, à l’exception notable des oeuvres de Miyazaki (le Château ambulant, le Voyage de Chihiro...) aux thèmes d’ailleurs cousins (la quête initiatique, la présence des monstres et des fantômes), rarement un dessin animé nippon est allé aussi loin dans l’imagination débridée comme dans la frénésie visuelle. Le tout en cinquante-six minutes d’une densité presque asphyxiante.

La véritable héroïne de xxxHOLIC est une maison hantée que les propriétaires « ont agrandie sans cesse dans l’espoir que les esprits s’y perdent ». Des collectionneurs y disparaissent sans explication, les murs constellés d’antennes de papillon se transforment en barbelés. Les personnages passent d’une chambre à une autre comme le joueur progresse dans un jeu vidéo, en franchissant des niveaux de difficulté. Au passage, le spectateur a également l’impression de visiter les salles d’une exposition virtuelle où seraient réinterprétés les tableaux de Klimt, Cocteau et Dali. L’hybridation des influences se retrouve aussi dans les techniques utilisées par Tsutomu Mizushima, qui fusionne le crayonné grossier (ruff) à la manière de Bill Plympton, l’animation traditionnelle en deux dimensions et les images de synthèse. Sans doute faudrait-il lire le manga en préambule pour comprendre tous les détails d’une intrigue souvent alambiquée. Mais la féerie est bien là.


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