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samedi 19 mars 2011 13:44

  • internet

BYOB : raboule ton projo

par Marie Lechner

tags : net-art , exposition

Le premier BYOB a eu lieu à Berlin, le 20 juin 2010

BYOB Paris, dimanche 20 mars de 18h à 21h
à Plateforme, 73 et 78 rue des Haies 75020

Dans le langage courant anglo saxon, BYOB veut dire « bring your own booze », amène ta bouteille. Détourné par le net artiste Rafael Rozendaal, l’acronyme peut également signifier « Bring your own beamer » : apporte ton propre projo. Ce nouveau format d’exposition éphémère rompt avec les modes traditionnels. Son principe tient dans l’intitulé. Les artistes viennent avec leur vidéoprojecteur sous le bras, se branchent dans l’espace d’exposition et y projettent leurs oeuvres. Après Berlin, Athènes, New York, Mexico, ou Londres, Paris accueille la première édition du BYOB, ce dimanche 20 mars, à la galerie Plateforme, initiée par les artistes Cécile Babiole, Marika Dermineur et Nicolas Maigret dans le cadre du rendez vous mensuel consacrée à la création numérique User_Friendly. Un happening improvisé consistant durant un soir à habiller l’espace de projections artistiques et de performances d’une vingtaine d’artistes. « Je travaille avec les images en mouvement, explique son instigateur Rafaël Rozendaal. Pour cette raison, j’ai beaucoup exposé avec des projecteurs. La projection donne de la liberté et de la flexibilité et je pensais qu’il serait intéressant de voir ce qu’il adviendrait si de nombreuses personnes se rassemblaient et que chacun amenait son propre vidéoprojecteur. Je cherchais un moyen d’organiser une exposition d’une nuit, à la fois imposante et simple à mettre en place. »

La première édition s’est tenue à Berlin le 20 juin, dans un immense studio, avec 26 artistes, la plupart issus du net. « Nous avons organisé le show avec Anne de Vries, et étions surpris à quel point c’était facile et amusant. Il y a eu ce soir-là une sentiment très spécial de communauté, beaucoup d’énergie et de spontanéité. Immédiatement, Angelo Plessas, qui participait à cette nuit, s’est proposé d’organiser un BYOB à Athènes et tout s’est mis en branle. J’ai écrit un manuel sur le site dédié, et suite à l’édition new yorkaise, beaucoup de gens s’en sont emparés et BYOB a essaimé partout. » La raison de son succès tient en un mot : « parce que c’est fun avant tout. »

BYOB est un format « open source » que chacun peut s’approprier, un peu à la manière du Speed Show, imaginé par Aram Bartholl, consistant à louer tous les postes d’un cybercafé pour y exposer des œuvres de net art l’espace de quelques heures. « N’importe quel artiste peut démarrer un BYOB, et le faire comme il l’entend. Je n’ai pas besoin d’être impliqué, dit Rozendaal. Les organisateurs peuvent faire une sélection d’artistes ou ouvrir le dispositif à tous, les artistes viennent et projettent ce qu’ils veulent. Ce qui m’importe, c’est que les BYOB soient tous très différents. Une manière aussi d’infuser l’esprit hackeur et le do it yourself, dans le monde de l’art.

« Les artistes se chargent de leur propre matériel, il n’y a pas de contrôle, chacun est son propre décideur » dit Rozendaal. BYOB permet aussi « de montrer des choses qui ne sont normalement pas vues dans les espaces d’exposition » et de matérialiser l’internet dans le monde physique. « BYOB est une célébration du nouveau monde dans lequel nous vivons et un avant-goût de ce à quoi l’informatique pourrait ressembler dans le futur. L’internet est aujourd’hui confiné aux écrans, demain l’information sera tout autour de nous, composant nos surfaces, définissant nos espaces, s’enpêtrant avec l’éther. » A Paris, l’occupation de l’espace qui exceptionnellement débordera de la galerie pour s’installer également en face au numéro 78, sera ouvert aux artistes invités, mais également à « toute personne qui souhaiterait se joindre à l’événement, dans la mesure du possible » précise Nicolas Maigret.


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