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mardi 8 avril 2008 16:06

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Déontologie : Gamespot peut-il se racheter ?

par Sébastien Delahaye

tags : publicité , presse , journalisme , médias , polémique

La page d’accueil de Gamespot. DR

Après quatre mois de tourmente, les choses semblent se calmer un peu chez Gamespot.com, l’un des principaux sites américains consacrés aux jeux vidéo. A la toute fin du mois de novembre, un scandale sans précédent dans la presse vidéoludique éclatait après le licenciement surprise de Jeff Gerstmann, rédacteur en chef du site. Une série de coïncidences semblait indiquer que le licenciement était dû à une critique assassine d’un jeu pour lequel Gamespot affichait en même temps un lourd habillage publicitaire. Malgré le démenti de Gamespot, qui a également refusé de dévoiler la raison du départ de Gerstmann, les internautes se sont déchaînés dans les forums du site, accusant la direction d’être corrompue et créant une réputation dure à tenir pour le site.

Sur le net, des employés de Gamespot se sont plaints, sous couvert d’anonymat, de l’influence grandissante de l’exécutif Josh Larson, récent supérieur direct de Gerstmann au moment de son licenciement. De fait, le départ de Jeff Gerstmann pourrait bien se résumer à un conflit entre celui-ci, rédacteur en chef et donc responsable du contenu du site, et Josh Larson, manager issu du monde de la publicité. Dans son précédent poste au sein de CNet, la maison-mère de Gamespot, Josh Larson était l’initiateur et le responsable d’un programme publicitaire nommé GameTrax, toujours en activité aujourd’hui.

En pratique, le programme analyse la popularité de chaque jeu sur Gamespot en se basant sur l’audience, le nombre de messages, l’attente des joueurs, les images et vidéos regardées... L’outil crée ensuite un classement de popularité pour les jeux, et sert surtout à la régie publicitaire de CNet pour vendre de la réclame sur Gamespot. Laquelle régie ne se prive par ailleurs pas de vendre fort cher l’emplacement et le positionnement des jeux sur la page d’accueil du site. Une pratique à la limite du publi-rédactionnel. Problème supplémentaire : l’apparition de publicité pour un jeu augmente artificiellement son « buzz » dans le classement GameTrax (les publicités pointant vers les fiches des jeux sur Gamespot), et donc son positionnement dans le classement et sur le site. En d’autres termes : le système imaginé par Josh Larson permet aux éditeurs d’acheter la popularité de leurs titres. Le passage de Larson à la direction de la rédaction posait donc, et c’est un euphémisme, de sérieux problèmes de déontologie. Et le conflit avec Gerstmann, connu pour ses critiques plutôt dures, semblait évident.

La semaine dernière, quatre mois après la débâcle autour du licenciement de Jeff Gerstmann, c’est Josh Larson qui a été débarqué par sa direction. Officiellement, il fait partie d’une « restructuration de l’entreprise » (CNet licencie actuellement 120 personnes, environ 10% de sa masse salariale). Néanmoins, son poste sera repris dès jeudi par Shawn Rose, un ancien manager en provenance de Yahoo. En attendant, les quelques semaines séparant le départ de Gerstmann de celui de Larson auront vu les démissions d’une demi-douzaine de piliers de l’équipe rédactionnelle de Gamespot, dont un rédacteur en chef adjoint. Les mois à venir vont être décisifs pour la réputation du site.

A lire également sur Ecrans.fr :
- Jeux vidéo : Odeur de scandale dans la presse spécialisée


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