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vendredi 6 mai 2011 16:30

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« The Office » a perdu la tête

par Alexandre Hervaud

tags : série , comédie

Who’s the boss ? - DR

Autant vous l’avouer, la semaine dernière, on a pleuré devant notre écran de télévision. Et non, ça n’avait rien à voir avec un certain mariage outre-Manche. Jeudi dernier, la chaîne américaine NBC diffusait le dernier épisode de The Office avec Steve Carell, parti définitivement (certes, on le recroisera peut-être en guest à l’occasion) après sept années de bons et hilarants services dans le rôle du patron excentrique Michael Scott. En France, la série est visible sur Canal+ qui diffuse actuellement la sixième saison tous les jeudis soirs.

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Adaptée de la série culte de la BBC signée Ricky Gervais et Stephen Merchant dans laquelle on suit façon documentaire la vie d’une entreprise, The Office version US débute en 2005. Si le premier épisode reprend à l’identique son modèle anglais, déjà adapté dans pas mal de pays (du Québec avec La Job à la France avec Le Bureau, par exemple), la série prend vite ses distances avec l’original, à tel point qu’il apparaît clairement que leurs deux « univers » pourraient même coexister, comme cette rencontre au sommet entre les personnages de Gervais et Carell il y a quelques semaines le laisse à penser :

 

Cette brève discussion sur l’humour entre les deux boss, encore plus jouissive après la prestation géniale mais controversée de Gervais aux Golden Globes, était l’une des petites gâteries offertes aux fans avant le départ de Carell. Deux options se présentaient a priori à NBC pour terminer en beauté le CDD de Carell à la tête de ce show : y aller franco sur la déconne, ou verser dans le pathos. Deux épisodes avant le clap de départ redouté, la série semblait prendre la seconde option avec cette reprise de la comédie musicale Rent :

 

On peut apercevoir dans l’extrait le « petit » nouveau de la série, une guest star de choix en la personne de Will Ferrell. Sa présence n’était hélas pas connue lorsque nous l’avions rencontré en décembre, mais le New York Times a depuis eu l’occasion de s’inviter sur le plateau de la série pour discuter avec lui de cette incursion dans le petit écran un poil plus longue que ses apparitions dans Eastbound & Down. Dans The Office, il incarne Deangelo Vickers, le nouveau boss de la fameuse entreprise de papeterie Dunder Mifflin. Difficile pour Ferrell de faire oublier Carell, voire même de proposer un angle vraiment différent dans son rôle de boss un peu con, mais l’acteur de Frangins malgré eux ne démérite pas.

Deux épisodes après l’intermède musical plus ou moins dispensable, Carell pliait donc définitivement bagage, et avec lui nos derniers Kleenex — on parle bien de larmes, hein. Emouvant sans être cul-cul, drôle sans taper dans l’humour gras, l’épisode concluait magistralement l’arc narratif de son personnage phare. Dans la vidéo postée plus tôt, Michael Scott avait prévenu : « well, this is gonna hurt like a motherfucker » (qu’on traduira par « ça va faire bobo ») pour évoquer son départ. Son interprète semblait à peu près du même avis, à en croire ces quelques mots d’adieu publiés sur le site de NBC :

 

Hier soir était diffusé aux Etats-Unis le premier épisode de la série sans Steve Carell. On s’attendait à lever un poing rageur en le regardant, surtout après la découverte du nouveau générique de la série évidemment privé de Michael Scott. Mais curieusement, le choc n’est pas aussi rude que redouté. Ou en tout cas certainement pas à la mesure de ce que pourrait devenir Mon Oncle Charlie sans Charlie Sheen. Série chorale par excellence, The Office n’a jamais été un authentique Carell Show, malgré le côté « voleur de scène » inné de son ex-star. Ce sont les remarques absurdes du flippant Creed, les improbables saillies (dans tous les sens du terme) de Dwight, la stupidité de Kevin, l’ironie de Jim, bref, les caractéristiques de chaque personnage qui en font une série réussie malgré quelques baisses de régime temporaires. Et si Michael Scott ne risque pas d’être oublié de sitôt, des séquences comme l’incroyable démonstration de talent caché de Will Ferrell dans le dernier épisode mériteront à elles seules la fidélité des fans.

Encore trois épisodes diffusés sur deux soirs (les deux derniers seront regroupés) et la septième saison s’achèvera sous le signe d’une orgie de guest stars. Dans le season finale, Ricky Gervais reviendra faire coucou à l’entreprise avec à ses côtés Will Arnett, James Spader et Jim Carrey, entre autres. Sachant que le poste de remplaçant est loin d’être définitif pour Ferrell, on peut imaginer que ces invités sont autant de candidats potentiels à la succession de Michael Scott — bien que l’on imagine mal Carrey revenir à la télévision. En effet, malgré son petit ravalement de façade, The Office reviendra pour une huitième année. Même si l’on en doute quand même un peu, on espère qu’il ne s’agira pas de la saison de trop. Ce serait tout de même dommage qu’avec l’âge, les bonnes choses commencent à ramollir. That’s what she said.


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