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vendredi 22 juillet 2011 16:37

  • internet

Anonymous : OTAN pour eux

par Julie Hamaïde

tags : police , hacking , Anonymous

CC Joseph Nicolia

Anonymous frappe encore en s’attaquant cette fois-ci à l’OTAN. Sur son compte Twitter, le collectif sans leader ni règlement a annoncé être en possession de documents confidentiels appartenant à l’organisation internationale. Le groupe ne semble donc pas affaibli après les arrestations dont il a été victime cette semaine, aux Etats-Unis et en Europe (lire l’article).

 

Annonce du piratage de l’OTAN sur le compte Twitter d’Anonymous - DR

 

Cette nébuleuse « hacktiviste » s’est fait connaître début 2009 en s’attaquant à l’eglise de Scientologie. Fin 2010, une nouvelle étape dans la mobilisation était franchie avec le soutien au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Sur le même principe, Anonymous s’est ainsi attelé à publier des documents classés confidentiels par les gouvernements ou par les grandes organisations internationales, tout en continuant à attaquer certaines sociétés privées. Contre la censure et en soutien aux populations, ils ont piraté, entre autres, les sites gouvernementaux égyptien et tunisien.

Mardi, quatorze membres présumés du groupe ont été interpellés par le FBI. Ils sont suspectés d’avoir piraté, en décembre, Paypal, alors en désaccord avec WikiLeaks. Le service de paiement en ligne venait de tourner le dos au site défenseur de la liberté d’expression et d’information, alors qu’il lui permettait de recevoir des dons. En Europe, cinq autres personnes ont été arrêtées par les polices hollandaises et britanniques, dont un jeune homme de 16 ans qui répondrait au nom de « Tflow » et appartiendrait au mouvement Lulz Security (LulzSec), aujourd’hui très proche d’Anonymous. Très actif au mois de juin, LulzSec avait notamment piraté le site de la CIA.

Ces attaques répétées ont fini par attirer l’attention de l’OTAN. Dans un projet de rapport de la session de printemps 2011, présenté par Lord Jopling, l’organisation annonçait « l’émergence de réseaux et de communautés sans frontière, la plupart étant de bon aloi mais certaines étant extrêmement dangereuses. » Déjà, l’organisation redoutait la communauté d’anonymes : « Aux dires d’observateurs, le collectif Anonymous, de plus en plus perfectionné, serait en mesure de pirater des fichiers sensibles du gouvernement, de l’armée et d’entreprises. Selon des informations datant de février 2011, Anonymous a démontré qu’il en était tout à fait capable. »

 

Extrait d’un des documents de l’OTAN rendu public après l’attaque - DR

 

Hier, Anonymous leur a donné raison en leur lançant directement une attaque. Sur Twitter, les hackers anonymes déclarent posséder près d’un gigaoctet de données. Pour le moment, leur provocation ne se réduit qu’à la divulgation de quelques documents non sensibles. « Publier la plupart de ces données serait irresponsable de notre part », précisent-ils. D’autres fichiers devraient être communiqués dans les jours à venir. Cette nuit, le collectif à une fois de plus rappelé qu’ils ne se considérait pas comme l’ennemi des gouvernements mais bien comme de simples citoyens : « Ce n’est pas nous qui avons allumé l’incendie. »


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